« Les villes wallonnes ont besoin d’une logique commerciale propre »

Jean-Luc Calonger de l'AMCV

Jean-Luc Calonger de l’AMCV

L’appareil commercial wallon bat de l’aile depuis un certain temps déjà. L’inoccupation commerciale atteint des chiffres vertigineux en de nombreux endroits et les zones de chalandise se réduisent. Jean-Luc Calonger, président de l’Association du Management de Centre-Ville (AMCV), connaît la situation comme personne. “La périphérie a détruit le tissu commercial de nombreuses villes et communes wallonnes”, regrette-t-il.

À l’exception de Louvain-la-Neuve, où la vacance commerciale est négligeable, les chiffres d’inoccupation affichés par les rues commerçantes de nombreuses villes et communes font froid dans le dos. Les centres commerciaux et parcs d’activités commerciales, avec leurs grosses enseignes, leurs vastes parkings gratuits, etc. sont souvent pointés du doigt. Pendant des années, la classe politique a choisi d’ignorer la situation de plus en plus problématique des commerçants actifs au cœur des villes et des communes. Il est à ce titre illustratif qu’il ait fallu attendre 2016 pour que les arrêtés d’exécution du décret de 2009 relatif à la mise en place d’une politique coordonnée pour seize villes et communes soient publiés. Il est aujourd’hui aussi question des moyens financiers que la Région wallonne et le Fonds européen de développement régional sont prêts à débloquer pour soutenir les initiatives de revitalisation. Malheureusement, les dossiers sont acceptés au compte-gouttes. Le chemin sera donc encore long. Jean-Luc Calonger se montre des plus pessimistes quant à l’avenir de certaines villes. Selon lui, les villes et communes wallonnes doivent s’engager dans une logique commerciale qui leur est propre.

Placemaking
Vous dites souvent que les villes doivent pratiquer le ‘placemaking’. Il est ici question d’accessibilité, de propreté, de sécurité, de la mise à disposition gratuite du WiFi, de l’offre de plans de localisation des magasins, etc. Malines constitue un beau cas d’école. D’autres villes et communes de Wallonie s’adonnent-elles déjà au placemaking? Les villes ne manquent-elles pas souvent d’une véritable vision?
“Il existe deux formes de placemaking. La première a trait à l’événementiel, comme la création de lieux éphémères. L’autre s’inscrit dans une démarche à plus long terme et veille par exemple à ce que la ville offre une image de propreté et de sécurité 365 jours par an. C’est un exercice difficile, qui nécessite de gros moyens. Les villes relèvent malgré tout le défi, même s’il faut déplorer quelques exemples très malheureux aux résultats contre-productifs.”

Faut-il gérer les villes de la même manière que les centres commerciaux?
“Ça, c’est le discours marketing. Dans la pratique, cela ne fonctionne pas, notamment du fait de la pluralité de propriétaires. Cela ne veut évidemment pas dire que les villes n’ont pas besoin d’être gérées ; elles requièrent juste une tout autre approche que les centres commerciaux. Voici un exemple. Imaginons qu’un centre commercial veuille absolument se doter d’une librairie. Il pourra alors décider d’en attirer une en baissant le loyer. Les centres travaillent avec un loyer de base et un supplément variable en fonction de l’activité.”

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